Le vendredi 20 juillet dernier, au téléjournal de la RTS, nous apprenions que certains cadres ou ex-cadres des GAFAM (et affiliés), avouaient publiquement ne plus faire confiance à leurs propres créatures numériques, conseillant même de ne plus utiliser ces outils. C’est sans doute un tournant dans la prise de conscience de la société vis-à-vis de la pieuvre qui a été créée et qui semble ne plus être sous contrôle.

 

Le constat est somme toute assez normal. Certains fondateurs de services sur internet qui ont connu un succès fulgurant, n’avaient pas forcément imaginé au départ une telle évolution et surtout une telle influence sur la société. Cependant, à partir d’un certain moment dans l’évolution du service, la machine économique tournant à plein régime, il faut « aller de l’avant », innover, créer de nouvelles opportunités, affûter son modèle économique, payer les salaires et les frais qui croissent eux-aussi, etc… C’est une situation classique de « survie économique » dans un contexte de croissance exponentielle.

Nous avons créé une machine qui déchire le tissu social. Chamath Palihapitiya, ancien vice-président de Facebook.

Les fondateurs « créatifs et géniaux » laissent donc les commandes à des gestionnaires « doués » dont l’unique objectif est de développer économiquement la machine en maximisant les profits. Comment dans cette dynamique prendre du recul et se poser la question douloureuse : ne faisons-nous pas fausse route ? La créature qui a été engendrée devient incontrôlable et les intérêts financiers en jeux sont bien trop élevés (investissements, partenariats, salaires, entreprises qui dépendent de l’activité…) pour rebrousser chemin ou avouer qu’on s’est trompé. Certains ont cependant le courage de le faire, mais bien peu sont encore aux commandes.

Il est important que la RTS diffuse ce type de sujets pour sensibiliser la population à cette problématique. Cependant, on constate des simplifications, ce qui créent de la confusion. Il faut bien distinguer deux problèmes :

  1. L’addiction aux écrans, aux réseaux sociaux et aux services gratuits en ligne (comme les jeux).
  2. Les intentions malveillantes et opaques des GAFAM (et affiliés) visant à monétiser nos informations personnelles ainsi que notre attention (temps de cerveau).

Nous devons ainsi apporter deux réponses différentes à ces deux problèmes :

  1. Reprendre le contrôle de notre usage des écrans, des réseaux sociaux et plus globalement des services en ligne, en réduisant notre consommation de numérique au profit des relations sociales réelles et physiques.
  2. Bannir les outils proposés par les GAFAM (et affiliés) et opter pour des services libres et respectueux de notre intégrité numérique, quitte à devoir payer pour les utiliser.

Il faut donc bien distinguer l’usage que l’on fait des outils numérique des outils eux-même. On peut très bien avoir un comportement exemplaire sur Facebook ou un comportement compulsif et scandaleux sur Diaspora ou Mastodon (qui sont des outils libres et décentralisés).

N.B. Nous remercions notre coopérateur Xavier (https://nxinfo.ch/) de nous avons transmis le sujet de la RTS.