Un vent de liberté souffle sur l’Europe
Le climat géopolitique international semble pour le moins tendu et anxiogène. Et peut-être bien que cette situation inédite favorise un vent de liberté dans les logiciels en Europe. Nos dirigeants et décideurs sont ainsi poussés hors de leur retranchement confortable du ronron propriétaire étasunien par un élan de souveraineté numérique, particulièrement porteur en ce moment.
Quelles qu’en soient les raisons politiques sous-jacentes, les logiciels libres en profitent, et c’est particulièrement réjouissant pour itopie et pour toute la communauté qui se bat depuis de nombreuses années pour ces alternatives bien plus éthiques et respectueuses des gens.
Après le Danemark et certains États allemands, puis la ville de Lyon, c’est au tour de l’État français de tirer la prise des big techs made in US.
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Le choix des logiciels libres pour une administration publique est essentiel. Ce sont d’une part les deniers des citoyen·ne·s qui sont investis dans l’économie locale et non pour enrichir des mastodontes à l’autre bout du monde, et d’autre part, c’est un gage d’autonomie et de souveraineté. Ce fonctionnement a été particulièrement bien décrit par la Free Software Foundation Europe dans le cadre de leur programme « Public Money, Public Code » .
Jean-Marie Séguret, directeur des systèmes d’information à la ville de Lyon, expliquait par ailleurs lors d’une conférence à HEPIA le 31 mars dernier, qu’une politique de sobriété numérique ne pouvait être entreprise qu’avec des logiciels libres, soit avec une maîtrise des outils sur toute la chaîne. Souveraineté et sobriété numériques sont donc liés par les logiciels libres.
Mais ce n’est pas tout : l’Allemagne annonce fin mars l’obligation d’utiliser le format ODF dans l’administration. Or, ce format, défendu par The Document Foundation (organisation à but non lucratif) qui gère LibreOffice, est une réelle réponse à l’interopérabilité et à l’autonomie pour tous les acteurs de ces organisations mais aussi pour tous les partenaires externes et citoyen·ne·s qui doivent interagir avec l’administration.
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On peut regretter qu’il n’en soit hélas pas de même pour la Suisse, qui fait fausse route en renforçant les chaînes qui la lient avec le géant étasunien Microsoft. Et ceci n’est pas sans conséquence pour le destin des données confidentielles gérées par la Suisse.
Que ce soient les pressions sur le Groenland par le gouvernement des États-Unis, donc indirectement sur le Danemark ou la collusion de Microsoft avec le locataire de la Maison Blanche en lien avec l’affaire du TPI (Tribunal Pénal International), on voit que le monde a changé. Il est urgent que la Suisse fasse machine arrière et qu’elle réinvestisse sa propre souveraineté numérique.
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