L’agence Keystone-ATS publiait le 16 octobre dernier un communiqué de trois députés au Grand Conseil vaudois : la Verte Sabine Glauser Krug, l’UDC Yann Glayre et le popiste Vincent Keller.

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Ce qui est réjouissant, c’est cette prise de conscience, même timide, de certains élus, qui sont par ailleurs affiliés à des partis différents et souvent en désaccord. Cela confirme ce que nous martelons depuis des années, à savoir que ce débat (logiciels libres vs logiciels privateurs, relocalisation des services numériques) n’est pas partisan (spécifique à la ligne d’un parti) mais reste éminemment politique (que voulons-nous comme société ?).

Sous l’angle économique, il est clair que la relocalisation des services numériques est évidente. Plutôt que d’offrir des montants parfois importants en licences (ou en données personnelles – voir ci-dessous) à des entreprises géantes établies sur la côte ouest des USA, il est de fait préférable de faire travailler des entreprises locales. Sans compter que les géants dont on parle sont des spécialistes de l’évasion fiscale industrialisée. On gagne ainsi sur les deux tableaux, en renforçant l’emploi local et en contribuant à l’impôt pour financer les services publics.

L’argument du coût a été évoqué dans l’article, à savoir qu’il est difficile voire impossible de régater au niveau du prix face à ces mastodontes. En effet, comment proposer des prestations économiques quand ces entreprises offrent leurs services gratuitement (ou à des prix défiant toute concurrence) ? Il faut alors faire la distinction entre le prix proposé au client (proche de zéro) et le coût interne pour la mise en place de ce service par les GAFAM (inconnu, mais certainement non-nul). Par quel tour de passe-passe font-ils pour fournir des services numériques sophistiqués sans être payés en retour (ou si peu) ? Ce n’est pas un scoop : ils monétisent massivement nos données personnelles (c’est le modèle économique du capitalisme de surveillance).

Le modèle que nous promouvons favorise à la fois les Communs et le tissus économique et social local, avec une emprise environnementale plus faible. Il s’agit de mettre en place des solutions libres et décentralisées, mais fédérées.

Pour les pouvoirs publics, c’est une opportunité en or à saisir. Oui, le coût ne sera jamais nul (dans quel autre domaine est-ce le cas ?), mais grâce au modèle économique des logiciels libres, la fédération et la réutilisation du code logiciel permettent de larges économies d’échelles (malgré leurs différences, les cantons et les communes ont des besoins similaires).

C’est un des thèmes que nous allons aborder dans le cadre du festival inform’Etic les 30 et 31 octobre prochains. Et le prochain projet que nous allons lancer sera certainement l’évolution d’inubo, notre nuage coopératif. L’objectif est clairement d’en faire un réel commun numérique genevois, en suivant la philosophie du projet des CHATONS lancé par l’association française Framasoft. Fidèle aux principes des logiciels libres, itopie mettra à disposition les recettes de fabrication de ce commun numérique en Creative Commons pour favoriser l’émergence d’autres hébergements locaux un peu partout sur le territoire.